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Chaudière gaz et maison neuve après 2027 : ce que change le décret n°2026-863 pour votre projet
19 Octobre 2026

Chaudière gaz et maison neuve après 2027 : ce que change le décret n°2026-863 pour votre projet

Un décret officiel, le n°2026-863 du 12 septembre 2026, fixe un seuil de 79 gCO2/kWh pour les nouveaux systèmes de chauffage et d’eau chaude dans les constructions neuves. Concrètement, ce texte écarte les chaudières au gaz et, plus largement, les équipements fonctionnant aux énergies fossiles dans le neuf, avec quelques exceptions encadrées.

Si vous envisagez de faire construire une maison ou un logement neuf à partir de 2027, cette évolution va peser directement sur le choix de votre mode de chauffage. Voici, en langage simple, ce qui change pour vous avant et après ce décret.

Avant le décret : un recours au gaz encore possible dans le neuf

Jusqu’ici, la réglementation environnementale des bâtiments neufs (RE2020) encadrait déjà la performance énergétique et les émissions de gaz à effet de serre des constructions. Mais, en pratique, l’installation d’une chaudière gaz restait encore envisageable dans certains projets, notamment en appoint ou dans des systèmes dits hybrides (par exemple, pompe à chaleur + chaudière gaz).

Pour un particulier qui faisait construire, cela signifiait encore souvent un choix assez large entre plusieurs énergies pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire :

  • des systèmes électriques performants (pompes à chaleur, radiateurs très efficaces, etc.)
  • des solutions bois ou biomasse
  • des chaudières gaz, parfois en combinaison avec une autre énergie
  • des raccordements éventuels à un réseau de chaleur ou de froid, quand il en existait un à proximité

Les émissions de CO2 étaient prises en compte, mais la réglementation ne fixait pas encore, pour chaque nouvel équipement de chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire, un seuil chiffré aussi précis que celui qui vient d’être introduit.

Après le décret : un seuil de CO2 qui écarte le gaz dans le neuf

Le décret n°2026-863 applique l’article L.171-1 du code de la construction et de l’habitation et transpose des dispositions européennes sur la performance énergétique des bâtiments. Il introduit une règle simple à comprendre pour le particulier : dans un bâtiment neuf, le système de chauffage, de refroidissement ou d’eau chaude sanitaire doit respecter un résultat minimal de performance environnementale, inférieur à 79 grammes équivalent CO2 par kilowattheure d’énergie finale (en PCI).

En pratique, ce seuil de 79 gCO2/kWh a une conséquence très concrète pour les constructions neuves :

  • il empêche l’installation de chaudières à gaz dans les logements neufs
  • il écarte plus largement les chaudières fonctionnant aux énergies fossiles (gaz, fioul, etc.), y compris dans les systèmes hybrides

Autrement dit, pour chauffer et produire l’eau chaude d’une maison neuve, il faudra se tourner vers des solutions dont l’empreinte carbone est suffisamment faible pour passer sous ce seuil. Le texte ne cite pas de technologies « autorisées » ou « interdites » une par une, il fixe un niveau de performance environnementale à respecter.

Qui est concerné, à partir de quand, et dans quels cas il existe des exceptions

Le décret ne s’applique pas à tout le monde en même temps. Il prévoit un calendrier progressif selon le type de bâtiment :

  • à partir du 1er janvier 2027 : pour les constructions de bâtiments ou parties de bâtiments à usage d’habitation, dès lors que la demande de permis de construire ou la déclaration préalable est déposée à compter de cette date
  • à partir du 1er janvier 2028 : pour les constructions sous maîtrise d’ouvrage d’un organisme public (au sens de l’article L.235-1 du code de l’énergie)
  • à partir du 1er janvier 2030 : pour tous les autres bâtiments

Le texte prévoit aussi plusieurs cas où le seuil de 79 gCO2/kWh ne s’applique pas :

  • les équipements de raccordement à un réseau de chaleur ou de froid
  • les équipements utilisés en secours (par exemple un système de chauffage d’appoint de sécurité)
  • certaines extensions de bâtiments, dans des conditions précises

Pour les extensions, la dérogation est encadrée :

  • la disposition ne s’applique pas en cas de non-conformité à des servitudes ou à des règles de droit des sols ou de droit de propriété
  • une dérogation est possible lorsque les travaux n’incluent pas l’installation d’un nouvel équipement de chauffage, de refroidissement ou de production d’eau chaude sanitaire, si la surface de l’extension est inférieure à 150 m² ou à 30 % de la surface du bâtiment existant

Dans ces cas, le maître d’ouvrage (celui qui fait réaliser les travaux) doit justifier la dérogation par une note. Cette note peut être réalisée soit par un professionnel de l’installation des dispositifs de chauffage, soit par un professionnel qualifié pour réaliser un audit énergétique (diagnostic complet des performances énergétiques d’un logement). Le texte précise que cette note doit être conservée pendant toute la durée de vie de l’équipement concerné.

Avant / maintenant : ce qui change pour votre projet de maison neuve

  • Avant : la chaudière gaz pouvait encore être envisagée dans certains projets neufs, y compris en appoint ou en système hybride.
    Maintenant : dans les constructions neuves, les chaudières gaz et, plus largement, les chaudières aux énergies fossiles ne respectent pas le seuil de 79 gCO2/kWh et sont donc écartées.
  • Avant : la réglementation parlait surtout d’un niveau global d’émissions de gaz à effet de serre du bâtiment.
    Maintenant : le décret fixe un coefficient de transformation pour chaque type d’énergie et un seuil chiffré de 79 gCO2/kWh pour l’équipement de chauffage, de refroidissement ou d’eau chaude.
  • Avant : les systèmes hybrides (par exemple pompe à chaleur + gaz) pouvaient être pris en compte avec des modalités de calcul spécifiques.
    Maintenant : le décret supprime ces modalités de calcul pour les systèmes hybrides et applique le même principe de seuil environnemental, ce qui limite fortement l’usage du gaz même en complément.
  • Avant : les extensions de bâtiments n’étaient pas encadrées par ce nouveau seuil, le projet d’arrêté initial prévoyait une exception plus large.
    Maintenant : la dérogation est recentrée sur certaines extensions, avec des conditions de surface (moins de 150 m² ou moins de 30 % de la surface existante) et l’absence de nouvel équipement de chauffage, de refroidissement ou d’eau chaude.
  • Avant : le calendrier d’interdiction progressive des énergies fossiles dans le neuf n’était pas fixé aussi clairement.
    Maintenant : vous connaissez les dates clés : 1er janvier 2027 pour les logements neufs, 1er janvier 2028 pour les bâtiments sous maîtrise d’ouvrage publique, 1er janvier 2030 pour les autres bâtiments.
  • Avant : la justification d’une dérogation n’était pas formalisée de cette manière.
    Maintenant : une note rédigée par un installateur de chauffage ou un auditeur énergétique est nécessaire pour justifier certains cas de dérogation, et doit être conservée pendant toute la durée de vie de l’équipement.

Qui gagne, qui doit s’adapter parmi les particuliers

Pour les particuliers qui préparent un projet de construction de logement neuf avec une chaudière gaz à partir du 1er janvier 2027, ce décret signifie qu’il faudra revoir les choix techniques pour rester dans le cadre réglementaire. Le gaz et les autres énergies fossiles sur site ne font plus partie des solutions courantes pour le neuf, sauf cas très spécifiques de secours ou de raccordement à un réseau de chaleur ou de froid.

Les particuliers qui optent pour des solutions à faible émission de CO2, compatibles avec le seuil de 79 gCO2/kWh, bénéficient au contraire d’un cadre plus lisible : le texte clarifie les objectifs environnementaux et s’inscrit dans la sortie progressive des énergies fossiles dans le neuf.

Si vous envisagez une extension de votre maison existante, votre situation dépendra notamment de la surface des travaux, de la part que représente l’extension par rapport au bâtiment actuel et du fait que vous installiez ou non un nouvel équipement de chauffage ou d’eau chaude. Dans les cas où une dérogation est possible, une note établie par un installateur de chauffage ou un auditeur énergétique sera la clé pour justifier votre situation et la garder en preuve pendant toute la durée de vie de l’équipement.

Dans tous les cas, pour un projet de construction neuve ou d’extension, l’enjeu est désormais de vérifier précisément si vous entrez dans le calendrier du décret n°2026-863 et si votre choix de système de chauffage respecte le seuil de 79 gCO2/kWh. Un audit énergétique ou un conseil personnalisé permet de sécuriser ces aspects avant de déposer votre permis de construire ou votre déclaration préalable.

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